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mardi 20 oct 2020
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Vosges – Quand l’agriculture s’inspire de la forêt

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Né dans les années 70, le terme agroforesterie désigne l’association d’arbres et arbustes que l’on plante en bordure d’une parcelle agricole ou en plein champ. Les premières pratiques agroforestières remonteraient à l’Antiquité !

Et l’arbre champêtre reprend toute sa place

Transformer une parcelle agricole classique en parcelle agroforestière est une technique qui commence déjà par la préservation de ce qui existe. On fait le choix de maintenir les bosquets, les petites parcelles de bois et les arbres isolés. Puis, le processus se poursuit par la plantation nouvelle de haies composées de différentes essences : aubépine, noyer, cormier, acacias, saule…La composition des haies varie en fonction de son type d’activité : élevage, grande culture, maraichage ou viticulture.

Une complémentarité se crée alors entre l’arbre (la haie) et la culture, d’où le terme d’agroforesterie.  Peu à peu, l’arbre champêtre reprend toute sa place dans le processus de production alimentaire et permet une diversification de l’activité agricole. Réimplanter des arbres améliore les services et les sources de revenu sur l’exploitation : productions agricoles, bois d’œuvre, bois énergie, fruits, fourrage, litière, paillage…

L’agroforesterie, du bon sens et de nombreux avantages

Outre la meilleure valorisation des ressources du milieu, l’agroforesterie offre de nombreux autres avantages. Elle restaure la fertilité du sol, augmente la biodiversité et reconnecte les milieux naturels ; elle garantit la qualité et la quantité de l’eau. Une étude de 2011 de l’Inra (Agroof, INRA, contrat Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse) met en évidence la capacité de filtration des arbres : « Véritables filtres, ils limitent une partie de la lixiviation des nitrates, réduisant ainsi la pollution des nappes phréatiques. Cette fonction est particulièrement intéressante pour la gestion des zones de captage en eau potable. De plus, les systèmes racinaires des arbres augmentent la réserve utile en eau (exploitable par la plante) des sols, améliorent l’infiltration du ruissellement, limitent l’évaporation du sol… »

Enfin, dans le contexte du changement climatique, les végétaux et en particulier les arbres et arbustes captent une partie des émissions anthropiques de gaz à effet de serre et agissent donc comme de véritables puits de carbone. L’arbre agit aussi comme un « amortisseur climatique », ses racines puisent l’eau en profondeur dans le sol et rafraîchit l’atmosphère en été et en période d’épisode caniculaire…

L’agroforesterie, technique révolutionnaire et réponse à tous les maux de l’agriculture conventionnelle ?? Certainement pas, mais elle ouvre des perspectives de renouer des liens ancestraux avec la nature et permet de créer des systèmes plus résilients, sobres et diversifiés.

Quelles évolutions pour les 3 prochaines années dans les Vosges? (2020-2022)

Face au succès de L’opération « Plantez des haies ! » initié par le Conseil départemental, cette dernière a été reconduite dans les même dispositions. Elle vise aussi bien les exploitants agricoles que les particuliers, les associations, les collectivités ou encore les établissements de recherche et de formation.

Un nouvel appel à projets est lancé : « Osez l’agroforesterie ! » en partenariat avec la Chambre d’Agriculture des Vosges. Ce dernier est lancé à titre expérimental durant 3 ans (2020-2021-2022). L’objectif est d’acquérir un référentiel départemental sur les possibilités de développement de l’agroforesterie. Pour la première édition, 6 projets ont été retenu et les plantations auront également lieu cet automne.

Source : www.vosgesmag.fr




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