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mardi 11 août 2020
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Juillet : on se fait Le Mur ? Sans murs, les rêves ne nous parlent plus. Vision critique.

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Comme chaque trimestre et malgré les évènements, l’association Le Mur d’Epinal a fait revisiter son mur de la rue Saint Michel par un graffiste reconnu.

Le Mur #20 d’avril ayant été annulé pour les raisons sanitaires bien connues, c’est le ruthénois Bault ( natif de Rodez, dans l’Aveyron) qui a succédé à Williann et ses personnages toniques sortis de bande dessinée.

A défaut de vitrines, on peut aimer lécher les murs…

On s’attendait à une galerie de personnages et d’animaux colorés et intrigants, caractéristiques de  l’œuvre de l’artiste. On peut imaginer que le contexte sanitaire national a du impressionner le peintre puisque ce dernier nous a fait don d’une composition dérangeante et sombre, combinant dentelle graphique et monstres fantastiques. Une œuvre disruptive avec les précédentes créations exposées par l’association spinalienne Le Mur. Au point qu’on aime à retrouver au verso les tags sauvages des créatifs borderline locaux. Presque classiques.

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Au verso, c’est contemporain et sauvage, mais ce n’est pas du Bault

Le Bault Mur de Thibault

Depuis le 10 juillet, c’est une galerie de personnages ouvragés et dérangeants, impassibles et maniérés, aux traits méconnaissables et non humains, qui se détachent par contraste d’un fond des plus sombres et sans déclinaison chromatique. Momies, végétaux inquiétants  ou champignons multimorphes, nul ne peut cataloguer ou décrire efficacement la production hermétique du muraliste qui réside maintenant à Paris.  Peu suggestif, sa composition offre à voir une caricature d’univers sombre et dérangeant, quasi gothique mais sans romantisme, renforcée par l’ombre des conifères qui l’entourent. Ce  n’est pas une déception, c’est une interrogation : le mur doit-il être beau ou Bault?

On aime ? Ou pas?

« C’est triste, j’en voudrais pas devant chez moi » , « Fantastique. Mais faut avoir le nez dessus pour s’apercevoir et comprendre le travail fourni  » . « Trop swag le sapin inversé en signature. C’est un cryptogramme? ». « Sans déc’ frère, je m’en balec’ Il était en descente le gars?  » confirment quelques passants isolés, interpellés sur l’existence du nouveau graff, que certains n’avaient même pas vu. « Il a été payé pour faire ça l’artiste? C’est de la provoc’ quand on sait la dureté de la vie  » a conclu un septuagénaire de passage.

Un contre exemple sur béton pour un artiste au parcours varié et élogieux, dont les créations vont d’œuvres, proches d’art brut ( l’art des fous et des enfants ), à celles plus animalières, en passant par une teinture atypique de pixação brésilien mélangé à l’écriture rune ( un mélange de tags et de logotypes ou chacun peut créer ses propres signes). Une nourriture artistique en reflet de ce qui se faisait en Amérique Latine, et plus particulièrement par Os Geméos au Brésil. Et surtout une diversité d’inspirations foisonnante et d’évolutions remarquables qui n’apparaît pas à Épinal. Dommage.

Il manque d’ailleurs un QR code sur place ou les intéressés pourraient avoir un échantillon de la totalité des compositions de l’artiste et le panel des 20 Murs précédents. Idée d’intéresser les plus jeunes à l’art contemporain… Je dis ça, je dis rien…

Départ en vacances ou contexte covidien, le vingtième Mur n’a pas rencontré de véritable succès populaire mais laissera une empreinte durable à Épinal. A voir jusqu’au 12 septembre.

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Une signature réservée aux initiés

 

Robiwood

 




2 réactions sur “Juillet : on se fait Le Mur ?

  1. Sigourney

    Pour une fois, quelque chose de critique et pas seulement dans l’entre soi complaisant. C’est agaçant ces gens qui coupent un cheveux en quatre pour se la jouer intello.Ils sont loin des réalités. Soit ils ont trop de temps libre, soit ils sont tous millionnaires.

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    1. AVP Poster auteur

      Tout est question de choix et de priorités à un instant donné. Certains mangent des pates et des patates toute la semaine pour pouvoir se payer une belle voiture ou une reproduction. D’autres restent dans la norme. La diversité fait le charme de nos vies et alimente nos rêves.

      répondre

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