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mercredi 18 juil 2018
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Vittel bientôt à sec : épuisement de la nappe phréatique

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(photo d'illustration)

(photo d’illustration)

Dans les Vosges, la nappe des grès du Trias inférieur, située sur la partie Ouest du département, est une des principales ressources en eau de la région. Son contexte hydrogéologique est particulier, avec une eau de très bonne qualité mais une faible capacité de recharge. Des failles, dites de Vittel et de Relanges, compartimentent la nappe en trois secteurs : Nord, Sud-Est, Sud-Ouest.

Dans le but d’assurer l’alimentation en eau potable des populations, et d’accompagner le développement de l’exploitation des eaux minérales, les prélèvements se sont développés à partir de 1960, entraînant une baisse des niveaux de la nappe. Dans ce contexte, une Commission locale de l’Eau (CLE), instance organisant la gouvernance locale de l’eau, a été créée ; elle est chargée d’élaborer un Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau, outil de planification visant la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau, conformément à la loi sur l’eau et les milieux aquatiques qui définit l’eau comme un patrimoine commun de la nation. Sa protection et sa mise en valeur sont d’intérêt général, l’État en est garant.

La Commission Locale de l’Eau (CLE)

La Commission locale de l’Eau (CLE) décide et valide toutes les étapes et les solutions à mettre en place pour une meilleure gestion de la nappe des grès du Trias inférieur. Dénuée de personnalité juridique propre, la CLE nécessite une structure porteuse chargée d’apporter les moyens humains, financiers et matériels pour mener à bien le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE).

Depuis le 1er janvier 2017, le Conseil départemental des Vosges assure l’animation du SAGE GTI, aux dépenses subventionnées à 80% par les Agences de l’eau et/ou la Région Grand Est.

La CLE est présidée par Madame Régine BEGEL, Conseillère Départementale.

L’État accompagne la CLE par un appui technique, et veillera à la compatibilité du schéma retenu avec les principes directeurs des documents cadres dans le domaine de l’eau.

Il s’engage à assurer l’accompagnement financier de la mise en œuvre du schéma à travers son opérateur (Agence de l’eau) et l’encadrement des autorisations administratives.

Alimente la population

 
Les prélèvements en eau dans la nappe servent à l’alimentation en eau potable des populations, aux activités industrielles, touristiques, thermales et agricoles.

Les objectifs du SAGE de la nappe des GTI sont de définir les règles d’usage permettant :

  • d’équilibrer les volumes prélevés
  • de pérenniser l’alimentation en eau potable des populations et de répondre en parallèle aux enjeux économiques du territoire.

Un objectif : pérenniser durablement la ressource eau et en assurer la meilleure desserte possible, au meilleur coût, pour tous les usagers et les acteurs du secteur.

L’état des lieux

Sollicité, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM ) a proposé 4 programmes d’actions qui ont chacun fait l’objet d’une analyse coût-efficacité ; la mise en place de mesures d’économies d’eau et de mesures de déploiement de ressources complémentaires ont également été chiffrés.

Afin de préserver la ressource, il est primordial de prendre les décisions qui s’imposent pour en permettre la sauvegarde. C’est l’intérêt général qui prime avant tout.

La CLE a validé le lancement d’un schéma directeur visant à préciser la mise en œuvre de ressources complémentaires. Plusieurs solutions ont été présentées : 

  • soit capter l’eau dans la nappe des GTI du secteur Sud Est (Valfroicourt, Lerrain, Ville-sur-Illon)
  • soit créer une interconnexion avec le Syndicat des Eaux de la Vraine et du Xaintois qui pompe son eau dans une autre nappe (la nappe Calcaire du Dogger) et en partie dans le Vair,
  • soit un panachage des deux solutions précédentes.

Au vu de ces éléments, la construction d’une dizaine de kilomètres de canalisation serait nécessaire.

Un prix de l’eau inférieur à la moyenne nationale

Le département des Vosges a toujours bénéficié d’un prix de l’eau inférieur à la moyenne nationale ; cette démarche s’inscrit résolument dans la poursuite de cet objectif.

Conscients des équilibres qui constituent un territoire, les industriels sont parties prenantes de ce projet, que ce soit en termes de financement, de rationalisation ou d’économie de la ressource. A ces titres, des entreprises emblématiques comme Nestlé Waters et la fromagerie Ermitage, qui représentent plus de 2000 emplois – sans compter les emplois induits -, se sont engagées dans des démarches volontaires pour préserver la ressource et la faire perdurer :

  • Nestlé Waters a annoncé limiter ses prélèvements dans la nappe des GTI à 750 000 m3/an, réservant cette eau uniquement à usage d’embouteillage (la part d’eau industrielle nécessaire serait prélevée dans la nappe des Muschelkalk – dossiers d’autorisation sont en cours -)
  • La fromagerie Ermitage a amélioré le ratio « litre d’eau utilisée / litre de lait transformé » et a baissé la consommation en eau de l’usine (480 000 m3en 2016, achetés au Syndicat intercommunal des Eaux de Bulgnéville et de la Vallée du Vair).

Les étapes à venir

A l’issue de la CLE du 15 mars 2018, l’ensemble des solutions envisageables a été présenté aux membres. L’enjeu de la CLE du 3 juillet est de choisir les orientations techniques compatibles avec les principes directeurs précités et acceptables par les habitants, avec l’indispensable participation financière des industriels. 

Les orientations déterminées, le département assurera l’accompagnement technique de la mise en œuvre des solutions à travers la Communauté de Communes, avec les industriels du territoire.

Le Préfet des Vosges et le Président du Conseil départemental rappellent que le scénario qui émergera lors de la CLE du 3 juillet devra impérativement assurer une eau de qualité à un prix maîtrisé pour l’ensemble des habitants de ce territoire.

 




Une réaction sur “Vittel bientôt à sec : épuisement de la nappe phréatique

  1. Mayaelle

    Il est à craindre que l’administration locale ne fera pas le poids face au mastodonte Nestlé Waters, avec tous les risques financiers que cela pourra créer pour les Vosges centrales. A commencer par du chantage : le département paie les travaux du pipeline pour acheminer l’eau sinon on met au chômage la moitié des employés, etc.
    La négociation avec ce type de multinationale ne peut pas être conduite par des fonctionnaires mais en mettant autour de la table toutes les parties prenantes y compris les scientifiques.
    Ne pas ignorer ce qui se passe ailleurs dans le monde où les habitants de villages, malheureux héritiers d’une eau de qualité, ont été spoliés et n’ont plus droit qu’à quelques litres d’eau potable par semaine…

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