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jeudi 8 décembre 2016
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Sophie la girafe sera fabriquée à Saint-Nabord Areu, areu !

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Baby_playing_with_SophieDes millions de bébés lui mordillent les oreilles ou les pattes sans autre réaction qu’un couinement léger. Sophie la girafe reste le jouet le plus vendu en France. Elle sera bientôt fabriquée à Saint-Nabord.

Ce jouet en caoutchouc est produit par la société Vulli, propriété depuis 1990 du groupe vosgien Alain Thirion. Sophie la girafe fête cette année ses 55 ans et n’a pas pris une ride. A tel point que la fabrique de Rumilly, en Haute-Savoie, ne suffit plus pour répondre à la demande.

Alain Thirion a décidé de lancer un nouveau projet pour mettre à profit les succès à l’exportation de Sophie la girafe et développer sa production. Plusieurs dizaines d’emplois pourraient naître de cette implantation à Saint-Nabord. L’entrée en production est prévue fin 2016-début 2017.

Depuis sa création, Sophie la girafe a été fabriquée à plus de 50 millions d’exemplaires, elle est connue et vendue dans 70 pays dans le monde. C’est la France, avec 815 000 ventes en 2015, qui reste le marché favori de Sophie la girafe, mais elle est de plus en plus plébiscitée aux Etats-Unis, au Japon et en Australie.

Ce jouet-star a été pensé et étudié dans ses moindres détails. Ses pattes et son cou facilitent la préhension par bébé sous tous les angles, sa texture souple permet le mordillement dans tous les sens, ses couleurs pastel contrastées n’agressent pas la vue naissante de l’enfant, son toucher doux, soyeux, est semblable à celui de la peau de maman. Quant au couinement que Sophie émet lorsqu’on la presse, s’il stimule évidemment l’oreille, il aide aussi le bébé à comprendre la relation de cause à effet. Sophie la girafe met en éveil les sens du bébé dès ses premiers mois.

D.J.

Depuis le 25 mai 1961.

Sophie la girafe est née un 25 mai, jour de la Sainte-Sophie. La girafe en latex, imaginée dans les ateliers de Delacoste à Asnières-sur-Oise, s’est donc prénommée ainsi. C’était en 1961. À cette époque, les animaux domestiques en tissu ou en caoutchouc avaient la cote dans les berceaux. Pour se distinguer de ses concurrents, la société parisienne choisit une figure plus exotique, avec un long cou plus facile à saisir par de petites mains. Sophie fut très vite adoptée par des générations d’enfants, très sensibles à son air malicieux et son couinement mélodieux.

Cinquante-cinq ans après sa conception, elle reste le jouet du premier âge le plus commercialisé en France. Son succès ne faiblit pas. En souvenir de leur enfance câline, les parents achètent une (ou plusieurs) girafes à leur(s) rejeton(s). Les ventes suivent la courbe des naissances. Depuis 1961, Sophie n’a pas subi de lifting majeur, sauf en 1981 pour respecter certaines normes de sécurité : sa tête a légèrement enflé et ses pattes ont été recourbées.

Sophie est produite depuis 1990 à Rumilly. Quatorze opérations manuelles sont nécessaires pour fabriquer ce jouet tout en caoutchouc naturel, comme les tétines de biberon, sans phtalate, un additif utilisé couramment dans les matières plastiques. Le corps de la girafe est d’abord coulé dans un moule qui tourne continuellement pour éviter que le latex colle à ses parois pendant la cuisson. Puis elle est « maquillée ». Trois coups de pistolet permettent de lui donner des couleurs rose, rouge, noir, d’abord sur son ventre et son cou, puis sur ses joues, ses oreilles et ses pattes, enfin sur ses yeux. De fait, chaque copie est unique. Chaque ouvrière peint 860 à 1 200 girafes par jour.

Sophie est devenue une vedette sans grande campagne de publicité, par le simple bouche à oreille. Elle s’est imposée sans avoir tourné de dessin animé ou de série télévisée. Ce succès est unique. Il est certainement dû à sa petite taille (18 cm), à sa frimousse, à ses joues rouges. Les bébés peuvent la sucer en toute sécurité, la toucher, la sentir, l’écouter : elle développe tous les sens. Aujourd’hui, ce personnage est l’objet de nombreuses licences. Son effigie se décline sur des tapis, des T-shirts, des chaussettes, des tasses, des cadres de photos… Une boutique a été créée sur Internet pour promouvoir des produits dérivés.

Sa famille ne s’est jamais véritablement agrandie. Hormis deux grandes soeurs, Zoé et Chloé, qui n’ont pas connu la même notoriété, Sophie reste la star des jouets d’éveil. Une star franco-française.




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