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vendredi 2 décembre 2016
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Agriculteurs : les actions du désespoir

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Depuis plusieurs semaines, la FDSEA et les jeunes Agriculteurs des Vosges tirent la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante des agriculteurs. Plusieurs actions syndicales se sont déroulées avec, entre autres, des actions « coup-de-poing » à l’encontre de la distribution et des industriels.

« La situation économique des exploitations est plus qu’inquiétante : 30% des exploitations lorraines sont aujourd’hui en situation de dépôt de bilan.

Les agriculteurs réclament des prix rémunérateurs, ni plus ni moins, alors que le lait et les viandes sont vendus en-dessous de leur coût de production. Est-ce vraiment utopiste que de demander à vivre de son métier ? Dans quel monde vivons-nous en être arrivés à faire mourir notre agriculture et nos agriculteurs ? Les dirigeants politiques, les instances économiques et les consommateurs ont-ils pris la mesure des conséquences de la disparition de l’agriculture française dans notre vie au quotidien ?

Le danger qui pèse sur le monde agricole est bien une réalisé. Les pouvoirs publics doivent se saisir de la situation et ne pas se préoccuper uniquement de la Grèce ou des prochaines échéances électorales ! Mais surtout, arrêtons les grandes discussions stériles où chacun fait semblant de dire que lui n’a rien à se reprocher mais que c’est surtout la faute de l’autre. Tout le monde nous ment. Aujourd’hui, les paysans attendent davantage que des discours : des actes au travers des prix payés aux producteurs.

Comment un jeune peut-il aujourd’hui envisager de s’installer dans les filières d’élevage face à cette crise économique sans précédent et des trésoreries inexistantes dans les exploitations ? L’élaboration du Plan d’Entreprise, véritable journal de bord économique pour les quatre années suivant l’installation devient difficile avec des chiffres qui ne cessent de baisser et qui tendent à démontrer que les projets ne seront plus viables. Et pourtant, le monde agricole a besoin d’un renouvellement des générations constant pour éviter qu’il se meure à petit feu ;

Si l’objectif est de faire mourir l’agriculture, qu’à cela ne tienne, le tour de force est en passe de réussir ! Mais attention, les paysans ne crèveront pas seuls et sans réagir !

Nous ne souhaitons qu’une seule chose : pouvoir vivre dignement de notre métier. A présent, ce n’est plus le cas. Alors oui, nous manifestons, bloquons des camions ou déversons du fumier. Ce n’est ni pour le plaisir, ni pour vandaliser mais il faut que tout le monde comprenne que les paysans sont à bout de souffle, que devant l’urgence de la situation, l’ensemble des filières et les Pouvoirs publics doivent bouger.

Les actions syndicales cesseront quand nous aurons retrouvé une situation économique acceptable. Ce n’est pas nous qui avons choisi cette situation, on nous y pousse. Et comme on dit dans le monde agricole on récolte que ce que l’on sème ! »

Philippe Clément, président de la FDSEA et Jean-Paul Fontaine, président des JA 88




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