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mardi 6 décembre 2016
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Crash du Mont Sainte-Odile (87 morts et 9 survivants) toujours ancré dans la mémoire de Gaston Curien Des images qui ne s'éffacent jamais

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Gaston Curien nous livre ses souvenirs du crash d’un avion au Mont Saint-Odile en janvier 1992. Il avait fait 87 morts et 9 survivants. Un récit aussi poignant qu’authentique.

Le 20 janvier 1992, reporter photographe à feu La Liberté de l’Est, je reçois vers 20 heures un appel du journal m’informant qu’un avion de ligne vient de se crasher au Mont Sainte-Odile (87 morts et 9 survivants) et qu’il faut m’y rendre. Après un bref passage au journal pour emmener un rédacteur avec moi, me voilà  parti pour les Crêtes Vosgiennes.

Connaissant parfaitement le massif grâce à mes pérégrinations sportives dues au ski nordique, je prends la direction du Champ du Feu au lieu du parcours traditionnel, et ce malgré les contestations de mon accompagnateur.

Bien m’en prit, arrivé sur le plateau, nous rencontrons un barrage de gendarmerie que nous parvenons à passer allégrement grâce à nos cartes de presse. Quelques hectomètres plus loin, j’aperçois une silhouette marchant le long de la route menant au Mont Sainte-Odile. Arrivé à sa hauteur, je m’aperçois que cette personne est une bonne sœur du couvent. Je lui demande si nous pouvons lui rendre service vu que le thermomètre marque allégrement les moins 20 degrés, elle me répond qu’elle revient de l’épave et qu’elle rentre au couvent. Malin, je lui propose de la raccompagner sachant qu’avec cet alibi, nous aurions carte blanche pour la suite.

Je ne vous dis pas la suite, après un repas et une bonne nuit au couvent (je garde précieusement la note de notre séjour, comme un trophée), le lendemain matin grâce à notre guide de la veille, nous sommes les premiers journalistes sur les lieux du drame au grand étonnement des forces de l’ordre. Sur les lieux, c’est l’apocalypse, une odeur de kérosène et de chair humaine nous prenait à la gorge. Visuellement, c’était l’horreur : des vêtements épars, des valises éventrées, des chaussures, et surtout des lambeaux de corps humains à chaque pas (mains, pieds).

Pour confirmer mes dires le spectacle, j’avançais à petits pas l’œil collé à mon viseur d’appareil photo afin de résister moralement. Heureusement, ce jour-là, il y avait une épaisse couche de neige.

Je plains les sauveteurs de ces jours derniers, ils ne sont pas près d’oublier. Personnellement et sans aide, j’ai mis plusieurs années à effacer ces images de ma pensée.

Aujourd’hui, pour avoir la preuve du suicide de ce pilote il faut savoir ce que celui-ci a fait du kérosène des réservoirs, vu que les témoins n’ont entendu aucune explosion lors du crash.

Gaston Curien.




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