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mardi 6 décembre 2016
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Vaste escroquerie à l’assurance-vie : la JIRS de Nancy alerte et lance un appel à témoins

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Afp

Une vaste escroquerie à l’assurance-vie, qui consiste à faire croire à des héritiers qu’ils sont bénéficiaires d’un compte secret à l’étranger ouvert par un proche défunt, sévit depuis 2012 dans toute la France, pour un préjudice recensé de 1,2 million d’euros, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

« Nous avons une centaine de victimes, dont 70 qui ont versé des fonds », a expliqué à l’AFP le vice-procureur chargé du dossier à la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy, Mathieu Fohlen.

Estimant que d’autres victimes pourraient se signaler, la JIRS (La juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy a décidé de lancer un appel à témoins dans cette affaire.

Les escrocs, qui se font passer pour des avocats, repèrent des victimes qui ont récemment perdu un proche, puis les appellent et leur annoncent que le défunt avait ouvert un compte secret à l’étranger, crédité de 200.000 à 300.000 euros.

« On leur explique ensuite que, malheureusement, le défunt avait oublié de régler une dernière mensualité de 6.000 euros. Puis, s’ils ont mordu le hameçon, qu’il faut encore 6.000 euros de frais de rapatriement, etc… », a détaillé le vice-procureur.

Les faux avocats font par ailleurs signer à leurs victimes une « clause de confidentialité », qui leur interdit de parler de la transaction, « une manière de tenir leurs victimes qui expriment ensuite une grande culpabilité, puisqu’elles ont sciemment spolié les autres héritiers, leurs frères ou leurs soeurs », a précisé M. Fohlen.

Certaines victimes ont dépensé jusqu’à 100.000 euros, sans jamais toucher le moindre centime du supposé compte à l’étranger.

« Les escrocs s’attaquent à des personnes d’un certain âge, et principalement dans les zones frontalières: le but, c’est que leurs victimes ouvrent un compte à l’étranger, où elles versent les +frais+, et sur lequel l’héritage doit tomber », a encore expliqué le vice-procureur, qui compare le mode opératoire à celui des escroqueries aux faux ordres de virement qui se multiplient dans les entreprises.

L’utilisation de téléphones IP et de comptes à l’étranger complique considérablement la tâche des enquêteurs, qui estiment que de nombreuses victimes n’ont pas osé déposer plainte, bien que de nouveaux faits soient signalés « toutes les semaines », a souligné le vice-procureur.

Les auteurs utilisent par ailleurs de faux sites internet d’avocats aux noms fluctuants ou usurpés, tels que « Marc de la Villardiaire », « Charles de la Roche », « Pierre Calvin », « Gérald de Courcheville », « Julien de Fréville », « Charles Delcourt », « Pierre Delaunay », ou « Honoré & Caron ».




2 réactions sur “Vaste escroquerie à l’assurance-vie : la JIRS de Nancy alerte et lance un appel à témoins

  1. BLANC

    Notre tante a été victime de ces personnes. Nous neveux avons voulu l’aider à récupérer cet argent providentiel. Par chance nous n’avons pas respecté cette clause de confidentialité et avons été informé que d’autres personnes avait eu presque les mêmes contacts (même papier entête, même procédé)
    Nous avons à leur demande transféré des fonds à l’étranger à notre nom. Ils nous ont fourni un RIB avec un compte à Chypre mais nous n’avons rien versé et avons demandé à parler avec le « Directeur » de l’agence d’Avocats associés un dénommé « Laurent De Beranger » pour lui dire que nous savions que c’était un escroc mais il ne nous a jamais rappelé. Nous avons tous les documents et les tenons à disposition.
    Nous n’avons pas déposé plainte car nous n’avons rien perdu sauf du temps et de l’énérgie !!!!

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  2. RUHLMANN

    Mon beau père a été arnaqué de plus de 30000 €. Il a perdu sa mère il y a quelques mois et a été contacté par un cabinet d’avocats situé en Allemagne . On lui promettait une assurance vie de 200000 € , soit disant souscrite par son père décédé il y a bien longtemps
    D’abord on lui a demandé des frais de dossier, puis des frais de traducteur , et pour finir on lui a demandé de se rendre à une adresse à Paris. Mon beau père avait eu l’ordre de ne parler de cette affaire à personne. Après s’être fait dépouillé de toutes ses économies , il a fini par contacter son fils. Mais c’était trop tard. Mon beau père est âgé et ne peut plus se rendre à un commissariat pour porter plainte. Que conseillez vous ?

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