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samedi 10 décembre 2016
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Tempête – Il y a 15 ans Lothar nous a frappés Les Vosgiens se sont formidablement mobilisés

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Il y a 15 ans, le dimanche 26 décembre 1999 la tempête Lothar frappait le nord de la France.

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L’après-midi du 25 décembre, une forte dépression se forme au large de Terre Neuve en Amérique du Nord marquant la naissance de la tempête Lothar. Après avoir franchi l’Atlantique elle touchera les côtes françaises vers 3 heures UTC pour traverser tout le nord de la France (Bretagne – bassin parisien – Normandie/Champagne-Ardenne – Lorraine et Alsace ) et atteindre Strasbourg aux environs de 12  heures UTC, soit un déplacement à plus de 100 Km/h. Lothar passera les frontières allemande et suisse avant d’aller mourir en Autriche, causant tout au long de son parcours d’importants dégâts. Les vents les plus violents ravageront sur leur passage un couloir de 150 kilomètres de large.

Notre région et notre département ont été particulièrement touchés par  cet ouragan, qui fut suivi dans la nuit du 27 au 28 décembre d’une seconde tempête , plus au sud, Martin, heureusement moins destructrice.

Retour sur la « Tempête du siècle »

Il est aux environs de 8H30 lorsque Lothar s’abat sur le département des Vosges.

À 10h, la situation est assez sérieuse pour que  le Préfet Michel GUILLOT active  le centre opérationnel de la Préfecture.

Photo yann arthus bertrand

Le département est confronté à une situation de crise majeure: une coupure générale d’électricité touche la totalité du département, les postes haute tension ne sont alors plus alimentés.  Des dizaines d’axes routiers sont coupés en raison de chutes d’arbres et des centaines de toitures sont arrachées par les violentes bourrasques de vent.

À midi, malgré les fêtes, la cellule de crise est pleinement opérationnelle. La plupart du personnel a pu être rapidement mobilisé. Il était déja préparé alors à faire face au « bug de l’an 2000 »!

À 14 h, la situation ne s’arrange pas, on déplore la mort d’un chasseur et la mobilisation des services de l’État monte d’un cran.

Bernadette MALGORN, préfet de zone de défense Est, déclenche à ce moment là le plan ORSEC.

Tempête_1999_IFN_Gérard_Colin_

L’angoisse augmente

Les batteries de secours de France Telecom s’épuisent, l’absence d’électricité perdure entrainant les coupures de téléphone et la pénurie d’eau potable en raison de l’arrêt des stations de pompage.180.000 abonnés privés d’électricité, puis 174 000 le dimanche 26 décembre 1999 à 12 h 00, sur les 189.000 abonnés que compte le département des Vosges. Les hopitaux locaux ainsi que les 80 maisons de retraite et leur  5000 pensionnaires font l’objet d’une gestion prioritaire avec l’installation des groupes électrogènes disponibles.

Tous mobilisés

Les sapeurs-pompiers sont sur le pied de guerre et enchainent les interventions  sur l’ensemble du département. Les chiffres sont impressionnants, ils ont opéré plus de 15 000 interventions en quelques jours, soit l’équivalent du niveau d’une année normale. De leur coté les gendarmes ont mené plus d’un milliers de missions.

Secours d’urgence, ordre public, santé, eau, infrastructures, cellule d’appui psychologique…  sont autant de pôles que la cellule de crise, située dans les locaux du SIDPC (Le Service Interministériel de Défense et de Protection des personnes), doit gérer.

Photo tiréee du bulletin communal d’Archettes

Les maires assurent le lien

Une cellule mixte préfecture-association départementale des maires, permet d’assurer des relations étroites avec les premiers magistrats des 515 communes des Vosges concernées par le passage de Lothar.

Le plan ORSEC  aura été mis en œuvre durant 11 jours et la situation n’a véritablement commencé à s’améliorer qu’à partir du 31 décembre notamment avec le rétablissement des lignes à  haute et moyenne tension.

Outre le bilan humain, plus de 80 personnes décédées directement ou indirectement en Europe lors du passage de Lothar, c’est l’ampleur des dégâts forestiers qui a marqué les esprits.

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Que de bois tombé!

La forêt vosgienne a extrêmement souffert et son devenir devient rapidement une question préoccupante. Plus de 12 millions de m3, soit environ 7 années d’exploitation en moyenne départementale ont en effet été détruits.

Lothar  a marqué à jamais l’histoire de notre département et restera encore longtemps dans les mémoires.

Aujourd’hui, les Vosges n’ont pas totalement pansé les plaies ouvertes dans la chair de ses arbres et de ses hommes.

Mais les efforts, la solidarité, l’ingéniosité déployés laissent à penser que la « Tempête du siècle », nom qui lui fut donné à l’époque, aura, au final, autant soudé que meurtri.

E.R/ Épinal Infos




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